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Une journée dans la peau d’un apprenti de bus à N’Djamena

• Publié le 1 juin 2026

Quand les habitants de N’Djamena montent dans un bus de transport public, leur attention se porte souvent sur le chauffeur, le trajet ou la place qu’ils vont trouver pour s’asseoir. Pourtant, une autre personne joue un rôle central dans ce petit univers roulant : l’apprenti.

Debout à la porte du bus, la main accrochée à la carrosserie, il observe la route, interpelle les passants, aide les passagers à monter et descend à chaque arrêt. C’est lui qui annonce les destinations, qui collecte les pièces et qui veille à ce que le bus se remplisse.

La journée d’un apprenti commence souvent très tôt. Dès les premières heures du matin, il est déjà sur la route avec le chauffeur. Le travail est intense : rester debout pendant des heures, courir derrière les passagers, gérer les discussions avec les clients et parfois calmer des tensions.

Son objectif est simple : attirer le plus de passagers possible.

Dans les bus de la capitale, l’apprenti développe même un langage particulier avec le chauffeur. Un mot, un geste ou un murmure suffit pour signaler la présence d’un client au bord de la route. Ce système improvisé fait partie du quotidien du transport urbain.

Mais derrière cette activité permanente se cache souvent une réalité économique difficile. Beaucoup d’apprentis sont de jeunes hommes qui cherchent simplement un moyen de gagner leur vie dans une ville où les opportunités d’emploi restent limitées.

Leur revenu dépend généralement du nombre de passagers transportés dans la journée. Plus le bus est plein, plus la recette augmente. Cette pression explique parfois la manière insistante d’interpeller les passagers ou les arrêts fréquents pour embarquer de nouveaux clients.

Pour certains, ce travail est temporaire. Pour d’autres, il devient une étape vers un objectif : apprendre le métier pour devenir chauffeur un jour.

Malgré les critiques que l’on entend souvent dans les bus, l’apprenti reste une figure incontournable du transport urbain à N’Djamena. Il est à la fois guide, collecteur, régulateur et parfois médiateur entre les passagers et le chauffeur.

Observer le travail de ces jeunes hommes, c’est aussi comprendre une partie de la réalité sociale de la capitale : une jeunesse débrouillarde qui cherche sa place dans l’économie informelle de la ville.

Car derrière chaque bus qui circule dans les rues de N’Djamena, il y a non seulement des passagers… mais aussi des jeunes qui travaillent dur pour faire avancer ce système de transport improvisé.

Par Allambadenan Hervé
Responsable communication
AfricTivistes CitizenLab Tchad