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Rien sur les femmes sans les femmes

Une représentation qui ne doit plus être symbolique
On parle souvent des femmes. On décide pour elles, on planifie pour elles, on écrit des politiques en leur nom. Mais trop rarement, on leur laisse la parole là où tout se décide. « Rien sur les femmes sans les femmes » n’est pas une formule symbolique : c’est un rappel ferme que la justice sociale commence par l’écoute et la représentation réelle. Une société qui avance ne parle pas à la place des femmes, elle marche avec elles.
Des actrices déjà au cœur des communautés.
Au Tchad comme ailleurs, les femmes sont déjà au cœur des communautés : elles éduquent, innovent, mobilisent et maintiennent le lien social. Pourtant, leurs voix restent sous-représentées dans les espaces de pouvoir, y compris dans les sphères numériques qui façonnent désormais le débat public. Cette absence n’est pas seulement une question d’équité ; c’est une perte collective d’idées, d’expériences et de solutions. Quand les femmes ne participent pas, les décisions deviennent incomplètes.
Le numérique comme espace de citoyenneté active.
Le numérique offre aujourd’hui une tribune nouvelle. Les plateformes citoyennes et les espaces d’activisme digital permettent aux femmes de raconter leurs réalités, de dénoncer les inégalités et de proposer des alternatives. Mais être visible en ligne ne suffit pas : il faut aussi transformer cette visibilité en influence réelle. Former, accompagner et protéger les voix féminines dans l’espace digital est une responsabilité collective pour bâtir une citoyenneté active et inclusive.
Une participation réelle dans les décisions publiques.
Dire « Rien sur les femmes sans les femmes », c’est aussi refuser les espaces où leur présence est tolérée mais leur pouvoir limité. La participation ne doit pas être décorative. Les femmes doivent être cocréatrices des politiques publiques, actrices des initiatives citoyennes et leaders des mouvements sociaux. Leur expertise issue du terrain, de la solidarité et de la résilience est une richesse politique trop longtemps ignorée.
Informer et sensibiliser : un acte civique.
Ce combat est également une question de dignité et de responsabilité citoyenne. Informer, sensibiliser et ouvrir des discussions sur des sujets souvent considérés comme tabous est un acte civique qui renforce la démocratie. Chaque fois qu’une femme prend la parole pour défendre ses droits, elle élargit le champ des possibles pour d’autres. Chaque espace sécurisé créé pour les jeunes filles est une victoire contre le silence imposé.
Construire une citoyenneté inclusive.
Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de savoir si les femmes doivent participer, mais comment garantir que leur participation transforme réellement les décisions. Institutions, organisations citoyennes et activistes numériques doivent repenser leurs pratiques pour intégrer les femmes dès le départ, pas seulement à la fin du processus.
Parce que l’avenir du Tchad ne peut pas se construire à moitié, rappelons-le avec force : aucune politique durable, aucun changement social profond ne peut exister sans les femmes. Rien sur les femmes sans les femmes, non pas comme un slogan, mais comme une ligne rouge pour une citoyenneté vivante, courageuse et pleinement inclusive.
Falmata Caroline